Le secteur biologique français traverse en 2025 une période charnière, entre sortie de crise et fragilités persistantes. Avec un marché atteignant 12 milliards d'euros, la filière connaît une profonde mutation : recul des surfaces certifiées, redistribution des circuits de distribution et évolution des habitudes de consommation.

Depuis juin 2025, les ventes de produits bio sont repassées dans le positif, affichant une hausse de 1 %, après plusieurs années de repli. Ce retournement reste fragile. En 2024, les achats avaient encore accusé une baisse de 6 % en volume par rapport à 2023, tous circuits confondus.

Le paysage de la distribution se reconfigure en profondeur. Les grandes et moyennes surfaces ont réduit leurs références bio de 22 % en deux ans, poussant les consommateurs vers les magasins spécialisés, en hausse de 6,9 %, et les circuits courts, en progression de 7,4 %. Biocoop affichait ainsi une croissance de 8,5 % en 2024. Du côté de la production, la situation demeure préoccupante. L'année 2024 a confirmé le recul des surfaces certifiées (-2 %) et le ralentissement des conversions, avec 3 726 exploitations qui ont quitté le bio.

Comment se porte le marché du BIO en 2025

 

Pourtant, l'adhésion des Français aux valeurs du bio reste solide. Selon l'Agence Bio, 80 % des Français estiment que l'agriculture biologique contribue à préserver la qualité des sols et des ressources en eau, et 67 % se disent prêts à payer davantage pour des produits à impact positif sur l'agriculture. Le défi est désormais d'aligner prix, offre et conviction pour consolider cette reprise naissante.